Directrice de la section française de la Mouratoglou International School, à Sophia Antipolis, Stéphanie Anfosso est aussi Déléguée Syndicale INOVA CFE-CGC au sein de MTE (Mouratoglou Tennis Études). Rencontre avec une élue qui a découvert le syndicalisme sur le terrain et qui en a fait un engagement au service des autres.
Treize ans à l'académie, du bas de l'échelle à la direction
Stéphanie a grandi sur la Côte d'Azur. Titulaire d'un bachelor en business et d'un master, elle débute sa carrière dans les ressources humaines, notamment à Monaco. En 2013, elle rejoint une académie de sport-études tennis à Sophia Antipolis, où elle devient assistante administrative. En 2016, l'académie est rachetée par Patrick Mouratoglou, l'ancien entraîneur de Serena Williams.
Au fil des années, Stéphanie gravit les échelons jusqu'à devenir directrice de la section française du collège-lycée de la Mouratoglou International School. Une évolution portée par son goût d'apprendre et par des opportunités saisies au bon moment.
Un quotidien sans journée type
La Mouratoglou International School est une école privée hors contrat. Stéphanie, elle, est salariée de MTE (Mouratoglou Tennis Études). Son quotidien est rythmé par les élèves, les professeurs et les parents, mais aussi par les échanges avec le rectorat, la mairie ou la préfecture. Un poste très varié et très prenant, avec beaucoup de responsabilités.
Elle décrit un bel environnement de travail : des classes de 15 à 20 élèves, des salles modernes, et une direction qui investit dans la scolarité. Surtout, elle peut compter sur une équipe de professeurs soudée, qui travaille ensemble depuis longtemps.
Un engagement né d'un besoin
Rien ne prédestinait Stéphanie au syndicalisme. Chez elle, entre des grands-parents horticulteurs et des parents enseignants, on n'en parlait pas.
Tout change le jour où elle a besoin de s'adresser à un représentant du personnel… et découvre qu'il n'y en a pas dans son entreprise. Elle se renseigne sur les élections du CSE et participe à l'organisation des premières élections du personnel.
Sur les conseils d'un ami, et après s'être longuement renseignée, elle rejoint la CFE-CGC. Ce qui la convainc : un syndicat tourné vers le dialogue.
« On est dans l'envie de faire avancer les choses, pour les salariés comme pour l'entreprise. On marche main dans la main : il ne faut pas se mettre des bâtons dans les roues. Ce syndicat représente mieux mes valeurs. »
Pour elle, le rôle d'un représentant du personnel est clair : faire remonter ce que les salariés n'osent pas toujours dire. La direction ne dispose pas toujours de toutes les informations pour décider.
« Un délégué syndical, ça sert à ça : porter la voix des salariés jusqu'à la direction. »
Premières NAO : 5 % d'augmentation pour tous
L'entreprise regroupe plusieurs sociétés. Pendant longtemps, celle de Stéphanie comptait légalement moins de 50 salariés : un petit CSE, sans budget de fonctionnement ni délégué syndical, avec peu de poids. Réélue, Stéphanie est aujourd'hui suppléante au CSE et, depuis janvier, déléguée syndicale mandatée par la CFE-CGC.
Pour se préparer, elle a suivi plusieurs formations avec la CFE-CGC et s'est plongée dans le droit du travail. Il le fallait : elle vient de mener ses premières négociations annuelles obligatoires (NAO). Résultat : 5 % d'augmentation cette année, et une prime a été obtenue.
Une victoire d'autant plus importante qu'il n'y avait pas eu d'augmentation générale depuis plusieurs années. Stéphanie reste lucide : avec une inflation cumulée d'environ 15 % sur cinq ans, le pouvoir d'achat perdu n'est pas entièrement rattrapé et reste au cœur des préoccupations. Pour elle, le salaire reste le nerf de la guerre, en tenant compte de la capacité de l'entreprise à suivre. Par ailleurs, elle poursuit aujourd'hui le dialogue social à travers la négociation d'autres accords d'entreprise.
La double casquette, un exercice d'équilibre
Cadre et membre de la direction, Stéphanie connaît les contraintes de l'entreprise. Déléguée syndicale, elle porte les attentes des salariés. Concilier les deux est son principal défi. Son objectif : trouver le meilleur équilibre entre le bon fonctionnement de l'entreprise et l'intérêt des salariés, en faisant toujours preuve de discernement.
C'est aussi une question de temps : entre les élèves qui frappent à sa porte et les appels des parents, il n'est pas toujours simple de bloquer des heures de délégation.
Ses mandats lui ont surtout appris à aller vers les autres : coachs de tennis, comptabilité, ressources humaines… Elle a appris à mieux connaître ses collègues pour mieux les représenter, et à mettre de côté ses propres convictions quand elles ne sont pas partagées.
« Je porte la voix des salariés, et j'essaie de la faire entendre, toujours dans le dialogue. »
Côté ambitions, elle préfère avancer pas à pas et bien maîtriser ses mandats actuels avant d'envisager la suite.
Conseillère du salarié : accompagner avant tout
Depuis avril, Stéphanie est aussi conseillère du salarié. Nommé par le préfet, le conseiller du salarié assiste les salariés d'autres entreprises, par exemple lors d'un entretien préalable à un licenciement, quand il n'y a pas de représentant du personnel sur place. C'est après s'être renseignée auprès de l'union départementale à Nice qu'elle a déposé son dossier.
Ce choix vient de son expérience : au fil de ses mandats, elle a déjà accompagné des collègues lors d'entretiens difficiles. C'est de cela qu'elle est la plus fière.
Elle prépare chaque dossier pour obtenir la meilleure issue possible, mais a découvert que la reconnaissance des salariés ne dépend pas du résultat.
« L'essentiel, c'était d'être là pour la personne. »
« Intéressez-vous au syndicalisme avant d'avoir des problèmes »
C'est le message que Stéphanie veut faire passer à ses collègues. Beaucoup de salariés ont des choses à dire mais pensent ne pas avoir de voix.
« Quand on est syndiqué, on fait passer un message beaucoup plus facilement. »
Et le syndicalisme ne sert pas qu'en cas de coup dur : formations, meilleure connaissance du droit du travail, offres préférentielles, et surtout un réseau. Elle y échange avec des syndiqués d'autres entreprises et apprend énormément.
Ce qu'elle apprécie particulièrement chez INOVA CFE-CGC, c'est l'accessibilité.
« À chaque fois que j'ai posé une question, on m'a répondu, ou on m'a orientée vers quelqu'un qui pouvait le faire. Je me sens accompagnée tout le temps. Avoir quelqu'un en face qui cherche une solution avec vous, c'est super important. »
La Fédération INOVA CFE-CGC est fière de compter Stéphanie parmi ses élus. Merci à elle pour son engagement, sa motivation et son sens du dialogue, qui font vivre au quotidien un syndicalisme fort, constructif et proche des salariés. Son parcours montre que chacun peut s'engager et faire avancer les choses dans son entreprise. À toutes celles et ceux qui, comme elle, souhaitent franchir le pas : la Fédération est là pour vous soutenir et vous accompagner.